Suis-je faite pour être coach ? 7 questions à vous poser

Et si votre envie d’accompagner devenait un véritable projet ?

Vous sentez l’appel du coaching, mais vous doutez encore de votre légitimité ou de la manière de vous lancer ? Découvrez les 5 étapes pour accompagner les autres avec profondeur, cadre et professionnalisme — même si vous débutez.

Vous aimez écouter les autres. On vient facilement se confier à vous. Le développement personnel vous passionne et, peut-être, un accompagnement a profondément changé votre propre vie.

Alors une idée revient : et si je devenais coach ?

Mais presque immédiatement, d’autres questions apparaissent. Ai-je vraiment les qualités nécessaires ? Suis-je suffisamment à l’écoute ? Trop sensible ? Pas assez sûre de moi ? Est-ce que je saurai bien accompagner ? Est-ce que je vais réellement m’épanouir dans ce métier… ou suis-je simplement attirée par un univers qui m’a beaucoup apporté ?

Quand on se demande « suis-je faite pour être coach ? », on cherche souvent une réponse assez simple : oui ou non. Le problème, c’est que cette question suppose qu’il existerait quelque part un portrait-robot de la bonne coach auquel il suffirait de se comparer.

Or, après des années à accompagner et à former des coachs, ce n’est pas ainsi que je vois les choses. Oui, certaines qualités constituent de précieux points d’appui. Oui, certaines dispositions peuvent rendre certains aspects du métier plus naturels. Mais une partie de ce qui fait une bonne coach s’apprend, se pratique et se construit.

La vraie question n’est donc pas seulement : « Est-ce que j’ai déjà les qualités d’une coach ? » Elle est plutôt : « Qu’est-ce qui, en moi, peut devenir une ressource pour accompagner ? Qu’est-ce que j’aurai besoin d’apprendre ou de travailler ? Et est-ce que la réalité de ce métier correspond suffisamment à qui je suis et à ce que j’aime pour que je puisse m’y épanouir ? »

 

Voici 7 questions pour vous aider à y voir plus clair.

Avant de commencer : 3 erreurs qui peuvent vous empêcher de savoir si vous êtes faite pour être coach

Avant même de regarder vos qualités, il me semble important d’éviter trois raccourcis.

Erreur n°1 : chercher le portrait-robot de la coach idéale. Il n’existe pas une seule manière d’être une bonne coach. Certaines sont particulièrement sensibles et intuitives, d’autres analytiques et structurées. Certaines ont une présence très douce, d’autres savent confronter avec beaucoup de justesse. La diversité des personnalités n’est pas un problème à éliminer : elle participe aussi à la diversité des manières d’accompagner.

Erreur n°2 : croire que ce qui vous manque aujourd’hui prouve que vous n’êtes pas faite pour ce métier. Si vous ne savez pas encore conduire une séance, poser une question puissante, cadrer un accompagnement ou accueillir certaines situations, c’est assez normal : vous n’avez peut-être tout simplement pas encore appris à le faire. Une future coach n’est pas censée maîtriser son métier avant de s’y former.

Erreur n°3 : confondre aimer le développement personnel, aimer aider et aimer coacher. Ces trois dimensions peuvent parfaitement aller ensemble, mais elles ne désignent pas la même chose. Avoir adoré votre propre accompagnement ou être celle à qui toutes vos amies demandent conseil constitue une information intéressante. Ce n’est pas encore une réponse définitive à la question « suis-je faite pour être coach ? ».

1. Quelles sont les qualités requises pour devenir coach ?

Oui, bien sûr, certaines qualités vont vous aider dans le métier de coach.

 

La capacité d’écoute en fait évidemment partie. Mais écouter ne signifie pas simplement rester silencieuse pendant que l’autre parle. Il s’agit de s’intéresser réellement à son expérience, d’entendre ce qu’elle dit mais aussi ses hésitations, ses contradictions, les mots qu’elle choisit ou les émotions qui apparaissent.

La curiosité pour l’autre est également précieuse. Une coach accompagne des personnes qui ne pensent pas nécessairement comme elle, n’ont pas les mêmes valeurs, les mêmes aspirations ni la même manière de prendre leurs décisions.

L’empathie aide à comprendre ce que vit une personne sans réduire son expérience à la nôtre. L’ouverture permet de ne pas décider trop vite de ce qui serait bon pour elle. La patience aide à respecter son rythme. Le discernement permet de ne pas intervenir simplement parce qu’une idée nous traverse.

J’ajouterais volontiers la capacité à créer un climat de confiance, une certaine aisance à accueillir les émotions et, surtout, l’humilité nécessaire pour accepter que nous ne savons pas toujours pour l’autre.

Mais cela ne veut pas dire qu’il faut cocher toutes ces cases avant même de commencer. Elle ne constitue pas le portrait-robot d’une femme qui serait naturellement « faite pour coacher ».

Vous pouvez être très intuitive sans être particulièrement extravertie. Très empathique et pourtant avoir besoin d’apprendre à ne pas absorber les émotions de l’autre. Très structurée sans avoir encore développé votre capacité à accueillir l’imprévu. Deux excellentes coachs peuvent avoir des personnalités profondément différentes.

 

La question que je vous inviterais plutôt à vous poser, c’est : parmi ces qualités, lesquelles sont déjà naturelles chez vous ? Et lesquelles pourriez-vous avoir envie de développer ?

 


2. Faut-il posséder naturellement toutes ces qualités pour devenir coach ?

Non, heureusement ! Parce qu’on mélange souvent trois choses.

Il y a ce qui est déjà assez naturel chez vous, ce que vous allez apprendre en vous formant au métier, et puis la posture que vous allez progressivement construire.

Il y a d’abord ce qui est déjà assez naturel chez vous : créer du lien, être curieuse, percevoir rapidement les émotions, aimer écouter ou avoir une grande capacité d’analyse.

Une compétence professionnelle s’apprend : conduire une séance, clarifier une demande, questionner, reformuler, poser un cadre, accompagner un objectif, utiliser un outil avec discernement ou reconnaître les limites de son intervention. Vous n’avez aucune raison de maîtriser ces compétences avant d’avoir appris le métier.

Et puis il y a la posture : qu’est-ce que vous faites de tout cela quand vous êtes face à une personne que vous accompagnez ?

 

Prenons un exemple très simple. Une amie vous raconte qu’elle hésite à quitter son travail. Au bout de cinq minutes, vous avez compris le problème et vous voyez très clairement ce qu’elle devrait faire. Votre capacité d’analyse peut être une vraie qualité. Mais devenir coach vous demandera probablement d’apprendre à ne pas transformer immédiatement cette compréhension en conseil.

À l’inverse, vous pouvez aujourd’hui avoir tendance à beaucoup conseiller et apprendre progressivement à questionner, laisser davantage d’espace et faire confiance aux ressources de la personne.

C’est pour cette raison que je trouve réducteur de se demander : « Est-ce que je suis comme il faut pour être coach ? » Vous n’êtes pas une matière figée. Certaines choses sont déjà là. D’autres s’apprennent. D’autres encore se transforment avec la pratique et le travail sur soi.

Votre point de départ ne détermine pas nécessairement votre point d’arrivée.

3. Suis-je capable de me remettre en question et de travailler sur moi ?

S’il existe une disposition à laquelle j’accorde beaucoup d’importance chez une future coach, ce n’est pas d’être parfaitement sûre d’elle. C’est sa capacité à apprendre et à s’observer.

Une coach est elle-même engagée dans la relation. Elle arrive avec son histoire, sa sensibilité, ses automatismes, ses peurs, ses préférences et ses propres façons de voir le monde.

Elle peut donc, par exemple, avoir tellement envie que sa cliente avance qu’elle accélère sans s’en rendre compte. Se sentir déstabilisée par un long silence. Avoir une réponse en tête et orienter inconsciemment ses questions dans cette direction. Ou ressentir un fort besoin d’être utile lorsque la personne semble ne pas progresser.

Ce qui m’interroge le plus n’est pas qu’une future coach puisse avoir ce type de fonctionnement. Nous avons toutes des angles morts. Ce qui m’interrogerait davantage serait qu’elle ne veuille jamais les regarder.

Pour moi, se remettre en question, ce n’est pas douter de soi en permanence ni considérer que chaque difficulté vient d’un problème personnel. C’est être capable de voir ce qui se passe en soi, d’entendre un retour, de reconnaître un automatisme, d’apprendre et d’essayer autre chose.

 

Et prendre conscience de quelque chose une fois ne suffit pas toujours à le transformer. Si vous avez tendance à conseiller, par exemple, il faudra peut-être observer ce réflexe encore et encore, pratiquer autrement, être accompagnée ou supervisée.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles, dans l’approche CAP, le travail intérieur et l’apprentissage du métier ne sont pas séparés. Il ne s’agit pas de devenir parfaite avant d’accompagner, mais de développer la conscience nécessaire pour que ce qui se joue en nous ne prenne pas toute la place dans la relation. Cette réflexion rejoint directement la posture du coach.

Moi, c’est peut-être cela que je regarderais : quand je découvre quelque chose sur moi qui me dérange ou qu’on me fait un retour, est-ce que j’ai envie de comprendre et d’apprendre… ou surtout de me défendre et de prouver que j’ai raison ?

Il n’y a pas besoin d’avoir une réponse parfaite à cette question. Mais je trouve qu’elle dit déjà beaucoup de notre manière d’entrer dans ce métier.

4. Être faite pour être coach signifie-t-il que le métier sera facile pour moi ?

Non. Et je crois qu’il est important de sortir de cette vision de la vocation selon laquelle « si c’est vraiment fait pour moi, tout devrait être naturel ».

Vous pouvez être profondément à votre place dans un métier et rencontrer des difficultés dans certaines de ses dimensions.

Vous pouvez créer très facilement une relation de confiance et avoir du mal à confronter une cliente lorsque cela devient nécessaire. Être très intuitive et devoir apprendre à ne pas prendre chacune de vos perceptions pour une vérité. Être très structurée et travailler votre capacité à laisser davantage d’espace à ce qui émerge.

Vous pouvez aussi découvrir que votre envie d’obtenir des résultats devient parfois une difficulté.

Bien accompagner ne signifie pas être responsable de tout ce qui arrive ensuite. Une coach peut mettre ses compétences, sa présence et son discernement au service de l’accompagnement ; elle ne contrôle pas seule le cheminement, les décisions ou les résultats de la personne qu’elle accompagne.

Cette distinction est importante, car une future coach peut se demander : « Est-ce que je serai suffisamment bonne pour que mes clientes obtiennent des résultats ? »

Vous n’avez pas à garantir les résultats de vos clientes. En revanche, vous avez à apprendre à créer les meilleures conditions possibles pour qu’un véritable travail puisse avoir lieu. Et cela suppose justement de développer les dimensions du métier qui vous seront moins naturelles.

Être faite pour être coach ne signifie donc pas que tout sera facile. Cela signifie plutôt que le cœur de ce métier vous attire suffisamment pour avoir envie d’apprendre ce qui ne l’est pas encore.

5. Est-ce que j'aime réellement accompagner les autres… ou surtout les aider ?

Imaginez une situation très ordinaire. Une amie vous appelle parce qu’elle rencontre un problème. Vous l’écoutez et, assez rapidement, vous voyez trois solutions possibles. Vous lui racontez ce que vous feriez à sa place, lui conseillez un livre, une personne à contacter ou une décision à prendre.

Vous aimez l’aider. Et vous êtes peut-être très bonne pour cela. Mais aider et coacher ne sont pas exactement la même chose.

Dans une relation de coaching, votre rôle n’est pas principalement de trouver la meilleure réponse pour l’autre. Vous créez les conditions pour qu’elle puisse mieux comprendre ce qui se passe, clarifier ce qu’elle veut, découvrir ses ressources et construire une réponse qui lui appartient.

 

Anaïs, formée dans le parcours Coach CAP, l’exprimait très simplement en parlant de ce qu’elle avait découvert dans la formation : adopter une posture dans laquelle on n’est pas là pour conseiller ou former l’autre, mais pour l’accompagner à retrouver ses propres ressources et ses propres solutions.

Et vous pouvez déjà regarder ce qui se passe dans votre propre vie. Repensez à un moment où une conversation avec vous a réellement aidé quelqu’un à avancer. Qu’est-ce qui vous a procuré le plus de satisfaction ? Le fait d’avoir trouvé la bonne réponse ? Ou le moment où vous avez vu la personne comprendre quelque chose, faire un déclic ou trouver une voie qui lui ressemblait — même si ce n’était pas celle que vous auriez choisie ?

Si cette deuxième expérience vous passionne, il y a probablement quelque chose d’intéressant à explorer.

6. Est-ce que le métier de coach m'attire vraiment… ou est-ce surtout le développement personnel qui me passionne ?

Cette question me semble particulièrement importante parce que beaucoup de futures coachs découvrent le métier après avoir elles-mêmes cheminé.

Elles ont lu énormément de livres, suivi des formations, été accompagnées, traversé une reconversion, un burn-out ou une période de remise en question. Elles ont découvert à quel point mieux se connaître pouvait changer une vie et ont naturellement envie de rester au contact de cet univers.

Parfois, leur propre accompagnement a été tellement marquant qu’une idée apparaît : « J’aimerais faire cela pour les autres. » Et je trouve que c’est une très belle raison de s’intéresser au métier.

Anaïs raconte par exemple que l’envie d’aider les autres était déjà présente depuis deux ans lorsqu’elle a décidé de devenir coach, mais qu’elle ressentait auparavant le besoin de se reconstruire et de travailler en profondeur sur elle-même.

Mais cela ne dit pas encore si vous aimerez être de l’autre côté de la relation. Aimer être accompagnée n’est pas la même chose qu’aimer accompagner. Aimer comprendre son propre fonctionnement n’est pas la même chose que consacrer une séance entière au fonctionnement de quelqu’un d’autre. Aimer apprendre et transmettre ce que l’on a découvert n’est pas la même chose que ne pas transmettre sa propre réponse pour laisser l’autre découvrir la sienne.

Pour savoir si le coaching peut réellement vous correspondre, ne regardez donc pas seulement les sujets qui vous intéressent. Regardez ce que vous aimez faire avec les autres.

Demandez-vous : si j’enlevais au métier de coach tout ce qu’il représente à mes yeux — la reconversion, la liberté, l’univers du développement personnel, l’image inspirante du métier — est-ce que l’acte d’accompagner lui-même continuerait à m’attirer ?

7. Est-ce que je pourrais réellement m'épanouir dans le métier de coach ?

C’est peut-être finalement la question la plus importante. Car on peut avoir des aptitudes pour un métier sans avoir envie de vivre son quotidien.

Vous pouvez être très douée pour écouter et ne pas avoir envie de passer plusieurs heures par jour en accompagnement. Vous pouvez aimer profondément les relations humaines et préférer transmettre à un groupe. Vous pouvez être passionnée par la psychologie et la connaissance de soi, mais aimer davantage écrire, enseigner ou créer des outils que conduire des séances individuelles.

À l’inverse, vous pouvez ressentir quelque chose de très fort lorsque vous êtes dans cette place particulière : présente, attentive, entièrement tournée vers le cheminement d’une autre personne.

Et il y a déjà probablement des indices dans votre vie. Les autres viennent-ils spontanément se confier à vous ? Vous a-t-on déjà parlé de votre qualité d’écoute ? Êtes-vous fascinée par la manière dont les personnes pensent, ressentent, choisissent et évoluent ? Avez-vous déjà occupé, même informellement, une place d’accompagnement, de facilitation ou de transmission ? Et surtout : qu’est-ce que vous aimiez exactement dans ces moments ?

Peut-être découvrirez-vous que l’accompagnement individuel vous passionne. Peut-être réaliserez-vous que vous aimez davantage faire travailler un groupe, transmettre, animer des ateliers ou associer plusieurs formes d’accompagnement. Cela ne signifie pas nécessairement que vous vous êtes trompée de voie.

Et devenir coach ne vous oblige pas forcément à passer vos journées en séances individuelles. Le coaching peut être une base solide pour construire ensuite votre propre manière d’accompagner, en mêlant par exemple accompagnement individuel, collectif, formation ou ateliers, à condition de bien distinguer les postures et les cadres dans lesquels vous intervenez.

La question peut alors s’élargir : quelle manière d’accompagner correspond le mieux à mes qualités, à mes aspirations et à la place que j’aime prendre auprès des autres ?

Alors, comment savoir si vous êtes faite pour être coach ?

Après ces sept questions, vous aurez peut-être remarqué quelque chose : je ne vous ai toujours pas donné de score. C’est volontaire.

Je pourrais vous dire que si vous êtes empathique, à l’écoute, intuitive, curieuse et bienveillante, alors vous êtes faite pour être coach. Ce serait rassurant. Mais ce serait beaucoup trop simple.

À l’inverse, je pourrais vous expliquer que si vous conseillez trop, manquez de confiance en vous ou avez encore beaucoup de travail à faire sur vous-même, alors ce métier n’est pas pour vous. Ce serait tout aussi réducteur.

Finalement, voilà ce que je regarderais à votre place : ce qui est déjà naturellement présent chez vous, ce que vous êtes prête à apprendre, ce que vous êtes prête à observer et à travailler en vous, et surtout le plaisir ou le sens que vous trouvez réellement dans la position d’accompagnante.

Certaines femmes partent avec davantage de facilités sur certains aspects. D’autres devront davantage les développer. Mais le point de départ ne suffit pas à prédire la professionnelle que chacune peut devenir.

C’est une conviction importante pour moi : on ne naît pas coach, on le devient. Mais on ne le devient pas en effaçant qui l’on est.

 

Vous partez de qui vous êtes. Vous apprenez réellement un métier. Vous travaillez ce qui demande à l’être. Et vous découvrez progressivement la manière d’accompagner qui vous ressemble.

Alors, si vous ressentez depuis quelque temps cette envie de devenir coach, vous n’avez peut-être pas besoin de savoir aujourd’hui si vous possédez déjà tout ce qu’il faut. Vous avez plutôt besoin de savoir s’il existe suffisamment d’envie, de matière, de curiosité et de disponibilité à apprendre pour que vous ayez envie d’aller découvrir la coach que vous pourriez devenir.

Faites le test « Suis-je faite pour être coach ? »

Et si, après avoir lu cet article, la question est toujours là — « mais moi, est-ce que je suis faite pour être coach ? » — c’est justement pour vous aider à y répondre que j’ai créé ce test.

Il vous permettra de faire le point sur votre rapport à l’accompagnement, les ressources sur lesquelles vous pouvez déjà vous appuyer et les dimensions que vous pourriez avoir envie de développer.